HISTOIRE PROSTITUTION SACRéE ?! MESOPOTAMIE ! HEBREUX : INTERDICTION ! ISLAM : INTERDICTION !

http://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_la_prostitution

Antiquité

La « prostitution sacrée »

Mésopotamie

Jean Bottéro est un des rares historiens à s'être posé la question des origines de la prostitution dans son ouvrage Mésopotamie1Il considère que les premières femmes à avoir été consacrées à la prostitution sacrée pour honorer la déesse de la fertilitéInanna à Sumer, devenue Ishtar pour les Babyloniens, étaient les femmes stériles ; ne pouvant assurer la procréation au sein d'une famille avec un seul homme, elles trouvent une place dans la société en servant la déesse, devenant l'épouse de tous.

Dans 2 Rois, le roi Josias, vers -630 « ordonna [...] de retirer du sanctuaire de Yahvé tous les objets de culte qui avaient été faits pour Baal, pour Ashéra et pour toute l'armée du ciel [...]. Il démolit la demeure des prostituées sacrées, qui était dans le temple de Yahvé[...] »2.

Hérodote parle dans son premier livre des prostituées sacrées, quelquefois nommées harots des temples d'Ishtar et d'autres divinités des civilisations de Mésopotamie. Le code d'Hammourabi, notamment la loi 181, fait référence à une hiérarchie des prostituées sacrées sans faire ouvertement référence à une rémunération par les fidèles.

Les prostitués masculins apparaissent avoir été à l'origine ceux qui, par malformation naturelle ou par accident, ne pouvaient pas davantage assurer la continuité de l'espèce ; eux aussi trouvaient ainsi, au service de la déesse, une place dans la société.[réf. nécessaire]

Dans le culte de Cybèle, la déesse-mère de l'Orient, il existait une prostitution sacrée particulière. Le parèdre de Cybèle, Attis, s'étant émasculé pour plaire à la déesse, les prêtres de Cybèle en faisaient autant. Ces eunuques portaient le nom de galles, et étaient connus dans toute l'antiquité pour se livrer à une prostitution sacrée dans le temple et ses abords.

Aux premiers temps de la civilisation méditerranéenne, le point de départ de la prostitution semble à la fois religieux et familial. Dans les cultes religieux, les rites reproduisent l’action divine exemplaire. Les cultes de la déesse-amante, présents dans toutes les sociétés anciennes, ont pour rite essentiel l’union sexuelle des hommes avec des prostituées sacrées, qui sont des femmes (ou des hommes, généralement castrés) au service de la déesse. Ces unions sont censées ressourcer la force génitale des fidèles masculins et cette force étendre ses effets positifs à la fertilité des troupeaux et des sols.

 Aux époques historiques, dont on a conservé les écrits, ces comportements se monnaient : les sanctuaires s’enrichissent des sommes payées par les fidèles désirant accomplir le rite, de même que les chefs de famille rentabilisent le prêt des femmes qui sont leur propriété. Les responsables des États, à Babylone comme dans tout le Moyen-Orient, ne laissent pas échapper cette source de revenus, et se mettent à créer leurs propres maisons de prostitution. Les prostituées se multiplient autour des temples, dans les rues et dans les tavernes.

Dans le monde grec

Jeune homme donnant une bourse à une courtisane, œuvre de PolygnoteMusée national archéologique d'Athènes
Article détaillé : Prostitution en Grèce antique.

En Grèce, à Athènes, on attribue à Solon, le père fondateur de la république, au vie siècle av. J.-C., la création dans tous les quartiers de la ville d’établissements municipaux : l'offre et la vente de corps se déroulent dans des lieux publics, rigoureusement séparés de l'espace privé (l'oikos, la maison) et considérés comme des zones de commercialisation, des espaces qui transforment les humains en produits. Très vite purent s’ouvrir des établissements privés, soumis à autorisation et redevables de taxes.

Dans la société grecque, une des plus misogyne de l'Antiquité, qui enferme ses femmes dans les gynécées, les prostitués sont généralement des esclaves, mais peuvent être des jeunes hommes ou des femmes ayant perdu parents ou tuteurs et restés sans ressources. Celles et ceux qui ne sont pas en maison doivent racoler leur clientèle : les ports sont leur terrain de chasse favori et chaque arrivée de bateau voit affluer les prostitués venant sélectionner les patrons ou les riches marchands. ÀCorinthe par exemple, ville prospère, le temple d’Aphrodite compte plus de 1 000 prostituées. Par ailleurs, les hétaïres, littéralement, « compagnes, amies », sont des prostituées libres, anciennes esclaves affranchies, qui prodiguaient une distraction intellectuelle, culturelle, mais aussi sexuelle à l'aristocratie. Aspasie (ve siècle av. J.-C.), amante scandaleuse dePériclès, en est une figure.

Rome

À Rome, comme ailleurs dans le bassin méditerranéen, ceux qui possèdent des esclaves peuvent en user à leur guise puisque l'esclave est une propriété privée. La femme esclave est d’ailleurs exclue du champ d’application des lois sur l’adultère : son compagnon ne peut l’accuser, que son amant soit le maître ou un tiers. Par ailleurs, les lois condamnant les maîtres qui prostituent leurs esclaves sont si peu efficaces qu’elles vont être souvent reproclamées du Ier au ive siècle, de même que les lois assimilant à l’adultère les rapports sexuels entre la maîtresse et son esclave.

Banqueteur et une prostituée, fresque d'une maison d'Herculanum

Cependant, la prostitution reste florissante à Rome où elle se présente sous des formes multiples : les prostitués se trouvent en maison signalée par des bougies allumées pendant les heures d'ouverture4, dans des auberges, dans des loges, ou dans la rue, devant les arcades (appelées fornix d'où le terme de fornication) comme devant la porte de leurs domiciles. Dans les maisons closes, le client peut échanger un type de jeton, appelé spintria, contre une faveur sexuelle spécifique5.

Très tôt, dès le iie siècle av. J.-C., ils sont inscrits sur un registre spécial et doivent être munis d’une licence d’exercice. Civilement, ils sont frappés d’indignité. Leur condition varie, des plus miséreuses, esclaves, aux courtisans et courtisanes de luxe dont les services se monnaient très cher. Leur cheptel est renouvelé par le trafic d’esclaves alimenté par les guerres et la piraterie : à Délos, 10 000 esclaves sont vendus chaque jour, et dans l’empire ce sont des dizaines de milliers d’enfants et d’adolescents qui approvisionnent chaque année ce marché du plaisir.

Les ruines d'un lupanar à Pompéi, témoignent de l'exercice de la prostitution dans la Rome antique. La profession, jugée dégradante, était cependant licite ; la sexualité n'étant pas bridée dans l'Antiquité comme elle le deviendra dans le monde christianisé. Il est difficile d'avoir une image unique de la prostitution à l'époque romaine. Leproxénétismelenocinium, fut souvent l'objet d'interdiction et de punition. Néanmoins la présence de prostitués et prostituées, lenones, atteste du contraire. L'empereur fit même taxer la profession pour augmenter les recettes de l'État. Bien que tolérée, cette pratique n'était pas exempte de risques. Un papyrus du ive siècle relate un procès entre une vieille femme ayant livré sa fille à la prostitution et l'assassin de cette dernière à qui elle demandait réparation. Certaines époques où l'adultère était puni de mort ont vu des dames de la haute société s'inscrire sur le registre des prostituées pour éviter la condamnation.

 

Les Hébreux

De leur côté, les Hébreux de la Bible instituent un monothéisme qui, par nature, interdit les rites spécifiques aux différents dieux, notamment la prostitution sacrée. La prostitution ordinaire est interdite aux femmes et aux hommes du peuple hébreu (Dt 23,18-19)6, mais autorisée pour les étrangères.

La Bible montre de fait que les hommes ont facilement recours aux prostituées (Genèse 38,15), alors que les livres de sagesse répètent à qui mieux mieux le conseil d’éviter celles qui vous prendront dans leurs filets pour vous dépouiller de tous vos biens.

En Arabie

À l'époque anté-islamique, la répudiation d’une femme par son époux la laissait sans droits et sans recours. Conséquence de la condition féminine de l'époque, un homme épousait à sa guise et en même temps le nombre de femmes qu’il voulait, et qui dépendaient souvent de lui pour survivre ; de la même manière, il pouvait aussi en répudier autant qu’il voulait, sans avoir d’obligations légales vitales vis-à-vis d’elles.

Assez vite, ces femmes répudiées se retrouvaient dans la misère. Lorsqu’elles ne tombaient pas en esclavage dans le strict sens du mot, elles se livraient à la prostitution. Pour attirer l’attention, elles avaient souvent la poitrine nue, à l’image des prostituées sacrées, connues en Mésopotamie et en Inde, régions avec lesquelles la péninsule arabique commerçait et avait des échanges culturels et humains intenses.

Les lieux où se pratiquait la prostitution étaient signalés par un drapeau rouge, d’où le nom des "femmes aux drapeaux". Lorsqu’une prostituée mettait au monde un enfant, une femme physionomiste qafah indiquait lequel des hommes ressemblaient à l’enfant et le lui attribuait. S’il s’agissait d’un enfant que l’on n’avait pas attribué, le propriétaire de la prostituée se l’attribuait et en faisait le commerce. Mais des l apparition de l islam, les choses changèrent car la religion condamnait la prostitution comme péché, notamment par l'interdiction du proxénétisme, et par l obligation du respect des femmes, de leur droit de choisir un mari. La polygamie légale en islam permettait également à des femmes veuves ou orphelines d'acquérir une protection et une famille7.

Moyen Âge

Légende de saint Nicolas : le saint donne aux trois filles pauvres une dot, leur évitant ainsi la prostitution, Gérard David, v. 15001510, National Gallery of Scotland

Au Moyen Âge, les responsables de l’ordre public, municipalités, seigneurs laïcs ou ecclésiastiques (évêquesabbés et pape), organisent progressivement la prostitution, déjà à partir du xiie siècle, et surtout à partir du xive siècle, en tirant un profit financier. On trouve même des bordels possédés par des monastères ou des chapitres. La prostitution est toujours considérée comme naturelle, comme un moindre mal. En Italie du Nord, les autorités expliquent même que le recrutement de prostituées attirantes permettra de convaincre les jeunes gens de se détourner de l'homosexualité. Les villes et les bourgs ouvrent ainsi officiellement des maisons municipales de prostitution ou bien désignent les quartiers de la cité, généralement ses faubourgs, où la prostitution sera tolérée.

Les réglementations portent sur :

  • les restrictions aux libertés des prostituées (déplacements, fréquentations, habits) ;
  • les jours et les heures de fermeture obligatoire des maisons ;
  • les relations financières et autres entre les gérants de maison et leur personnel, d’une part, ou les autorités d’autre part.

Souvent est précisée la nature des clients : beaucoup de maisons ne peuvent théoriquement pas recevoir les hommes mariés, lesprêtres et les Juifs. La tenue de la prostituée doit être distincte de celle des autres femmes afin que celles-ci ne risquent pas d’être importunées à tort. L’état d’esprit des règlements n’est pas de protéger les femmes prostituées contre la violence ou l’exploitation : dans une perspective du moindre mal, ces femmes sont sacrifiées pour un bien supérieur, l’ordre public. Souvent, en effet, c’est la permanence des viols par bandes organisées qui amène les municipalités à se poser la question d’organiser la prostitution afin de canaliser l’agressivité sexuelle des hommes. Pour ces femmes « perdues », l’idéal serait qu’après avoir rempli un temps leurs fonctions, elles se repentent, et sauvent leurs âmes, comme Marie-Madeleine, en référence à la parole de Jésus. Dans l’esprit de l’époque, les prostituées ne sont donc pas marginalisées, mais bien intégrées dans une société où elles ont leur rôle à jouer. Dans les fabliaux, parfois égrillards, du Moyen Âge, les prostituées se font complices d'autres femmes et les aident à se venger des prétendus séducteurs. La cathédrale de Chartres a d'ailleurs un vitrail qui a été offert par les prostituées, de la même façon que d'autres vitraux ont été offerts par la corporation des boulangers ou des regrattiers.

Les prostituées le sont pour des raisons financières, parce qu’elles sont sans ressources pour une raison ou une autre : tel est le cas pour les étrangères à la ville, les migrantes venant de la campagne, les filles exclues du système matrimonial parce qu’elles ont été violées, parce qu’elles sont des servantes enceintes et chassées, parce qu’elles sont veuves ou abandonnées. Mais il existe aussi une prostitution moins miséreuse, de femmes qui reçoivent discrètement chez elles des hommes de bonne condition, et que le voisinage tolère plus ou moins bien.

Les pratiques sexuelles, pour ce que l’on peut en savoir, semblent être communément orales, anales, manuelles et interfémorales, les femmes fuyant le rapport vaginal pour des raisons contraceptives.

La prostitution pendant la période médiévale fait l'objet d'un traitement inégal. La ville de Marseille, à elle seule, présente plus d'un revirement de sa réglementation qui va de la prohibition la plus sévère à une certaine complaisance en passant par une taxation par les autorités. Thomas d'Aquin pensait que si on supprimait la prostitution, le désir incontrôlable des hommes risquait de menacer le reste de la société et les honnêtes femmes, leur couple en particulier. Tullia d'Aragon et Rosa Vanozza furent des hautes figures de ce temps, la dernière devenant à trente ans la maîtresse attitrée du pape Alexandre VI et lui donnant quatre enfants. Un ordre de Sainte-Marie-Magdeleine fut instauré pour la réinsertion des prostituées. Leur réputation est cependant mauvaise, Jeanne d'Arc, par exemple, chassa les ribaudes qui suivaient son armée. Les prostituées furent souvent les compagnes des soldats.

À partir du milieu du xvie siècle, la tendance à organiser la prostitution se renverse et la fermeture des maisons se généralisent dans toute l’Europe, en pays réformés comme en pays catholiques, même si un roi comme François Ier préfère une prostitution légale à une cachée : il paye ainsi officiellement (sur ordonnance) une mère maquerelle chargée de fournir des filles de joie aux hommes de sa cour8. En France, l’ordonnance de proscription date de 1560. À partir de ce moment, la prostitution sera pourchassée, mais comme les actions seront plus ou moins sévères et plus ou moins persévérantes, suivant les époques, le phénomène va perdurer : il lui suffit de s’adapter, et de se développer dans la clandestinité.

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